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Mille et une vagues
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                                 Si tu veux juger des mœurs d’un peuple, écoute sa musique.     Confucius
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mardi 8 janvier 2008


Mythologie grecque

La métamorphose de Syrinx

Ovide


JPG - 23.6 ko
Syrinx
Sculpture sur bois (1995)
Yves Galzin
Collection Gilles Patrat

Livre 1 des Métamorphoses (1.689 à 1.713)

Traduction de A.-M. Boxus et J. Poucet

Alors le dieu dit : « Au pied des montagnes glacées d’Arcadie, parmi les Hamadryades de Nonacris, la plus célèbre était une Naïade que les nymphes appelaient Syrinx.

Plus d’une fois, elle avait échappé aux satyres qui la poursuivaient et aux dieux qui hantent les forêts ombreuses et les grasses campagnes.

Elle honorait par ses activités la déesse d’Ortygie, et même lui avait voué sa virginité ; ceinte elle aussi à la manière de Diane, elle aurait pu faire illusion et passer pour la fille de Latone, si elle n’avait eu un arc de corne, au lieu de l’arc d’or de la déesse.

Même ainsi, on les confondait. Un jour qu’elle revenait du mont Lycée, Pan la voit et, portant sur la tête une couronne d’aiguilles de pin, il lui adresse ces paroles... »

Il restait au dieu à relater le discours de Pan, et le dédain de la nymphe pour ses prières et sa fuite à travers champs, jusqu’à ce qu’elle arrive au bord sablonneux du paisible Ladon ; là, les eaux arrêtant sa course, elle avait prié ses soeurs liquides de la métamorphoser.

Pan croyait déjà Syrinx à sa merci, mais dans ses mains il ne saisit que des roseaux du marais et non le corps de la nymphe.

Et tandis qu’il pousse des soupirs, l’air qu’il a déplacé à travers les roseaux produit un son léger, une sorte de plainte.

Séduit par cette nouveauté et la douceur de cette mélodie, Pan dit : « Pour moi, cela restera un moyen de converser avec toi ». Et ainsi grâce à des roseaux inégaux reliés entre eux par un joint de cire, il perpétua le nom de la jeune fille.


Voir le texte complet (livre 1)

JPG - 20 ko
Syrinx (II)
Peinture de Marion Reynolds Dunleavy - voir ci-contre

Ce texte appelle au moins deux commentaires :
- Syrinx, contre toute attente, n’est pas présentée par Ovide comme une naïade, ou nymphe des eaux, mais tout à la fois comme une hamadryade, nymphe de la forêt, particulièrement attachée au chêne, et une naïade...
- Il s’agit en fait d’une double métamorphose, la transformation de la nymphe en roseau, suivie d’une deuxième transformation... puisque les roseaux deviennent une flûte entre les mains de Pan.

Peu d’artistes se sont véritablement attachés à révéler Syrinx. Marion Reynolds Dunleavy est de ceux-là puisque Syrinx (II) nous rappelle que Syrinx était tout à la fois une naïade et une hamadryade. Rejoindre le site de Marion Reynolds Dunleavy.

JPG - 14.5 ko
Syrinx
Peinture de Hacker
Début XXe S.

Le texte original en latin

Tum deus : « Arcadiae gelidis sub montibus » inquit

1, 690
« inter hamadryadas celeberrima Nonacrinas naias una fuit : nymphae Syringa uocabant. Non semel et satyros eluserat illa sequentes et quoscumque deos umbrosaque silua feraxque rus habet. Ortygiam studiis ipsaque colebat

1, 695
uirginitate deam ; ritu quoque cincta Dianae falleret et posset credi Latonia, si non corneus huic arcus, si non foret aureus illi ; sic quoque fallebat. Redeuntem colle Lycaeo Pan uidet hanc pinuque caput praecinctus acuta

1, 700
talia uerba refert... » Restabat uerba referre et precibus spretis fugisse per auia nympham, donec harenosi placidum Ladonis ad amnem uenerit ; hic illam cursum inpedientibus undis ut se mutarent liquidas orasse sorores ;

1, 705
Panaque cum prensam sibi iam Syringa putaret, corpore pro nymphae calamos tenuisse palustres, dumque ibi suspirat, motos in harundine uentos effecisse sonum tenuem similemque querenti. Arte noua uocisque deum dulcedine captum :

1, 710
« Hoc mihi colloquium tecum » dixisse « manebit », atque ita disparibus calamis conpagine cerae inter se iunctis nomen tenuisse puellae.

Notes ( de A.-M. Boxus et J. Poucet ) :

- Hamadryades de Nonacris (1, 690). Les Hamadryades étaient des nymphes des forêts ; Nonacris est une ville du nord de l’Arcadie, patrie du dieu Pan et des bergers.
- déesse d’Ortygie (1, 694-697). Ortygie est un autre nom pour Délos, l’île où Apollon et Diane (Artémis) naquirent de Latone (Léto). Des vocables différents sont donc utilisés pour désigner Diane, déesse de la chasse, vouée à la virginité. Souvent dans la littérature, Diane a servi de modèle pour l’évocation de figures féminines vraies ou déguisées. Voir par exemple : Virgile, Énéide, 1, 498-502 (pour Didon) et 1, 314-329 (pour Vénus).
- Lycée (1, 698). Une montagne du sud de l’Arcadie, consacrée au dieu Pan.
- Ladon (1, 702). Fleuve d’Arcadie, consacré à Apollon.

P.-S.

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